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CONGREGATION DES SOEURS DE SAINT
JOSEPH DE CLUNY
BICENTENAIRE DE LA FONDATION:
1807-2007
« Il
me semble que je suis destinée à faire un peu de bien ;
c’est une trop belle vocation pour que j’y manque et je
ne veux être que l’épouse de Notre Seigneur.» (Anne
Marie Javouhey)
C’est en ces termes que
Mademoiselle Javouhey au seuil de ses 18 ans, fait
comprendre à balthazar Javouhey, son Père, qu’elle
compte passer sa vie au service de son Dieu.
Elle naquit à Jallanges
(Côte d’Or) le 10 novembre 1779 ; sa famille se fixe
ensuite à Chamblanc, village voisin où Anne passe son
enfance.
Son intelligence vive, sa
gaieté, son entrain lui attirent la sympathie. Mais sous
ces traits se cache une volonté peu commune et une force
d’âme extraordinaire. En des temps critiques (Révolution
française) elle aide les prêtres proscrits à exercer
clandestinement leur ministère. L’un d’eux, l’abbé
Ballanche, dirige l’âme de la jeune fille et l’engage
dans les âpres chemins de la sainteté.
Au cours d’une de ces
Messes secrètes, en pleine nuit, Anne entourée des siens
se consacre à Dieu le 11 novembre 1798 (Fête de Saint
Martin de Tours, anniversaire de son baptême). Elle
prend l’engagement d’instruire les enfants et d’élever
les orphelins. Progressivement sa vocation se précise…
De septembre à novembre
1800, essai à Besançon chez les Sœurs de la Charité, là
elle reçoit l’appel missionnaire : un jour à son réveil,
elle voit autour d’elle des hommes de toutes races
portant des outils de paysans et qui l’appellent « Ma
Chère Mère ». Sainte Thérèse qui se fait connaître lui
dit : « ce sont les enfants que Dieu te donne
… Je serai
la protectrice de ton Ordre ».
Dieu lui fit faire
l’apprentissage de vie apostolique active comme
maîtresse d’école et catéchiste à Chamblanc d’abord puis
dans plusieurs villages ; de vie contemplative au
monastère des Trappistines de la Riédra, près de la
Valsaine en Suisse sous la direction de Dom de Lestrange.
Celui-ci reconnaît dans sa dirigée une vocation
originale et lui enjoint au Monastère de la Valsainte
lui a légué sa devise : « La Sainte Volonté de Dieu. »
Et le Salve Regina de la Trappe est conservé et fait
partie des prières quotidiennes.
Arrivée le 14 août 1805 à
Chalon (Saône et Loire) pour y faire avec ses sœurs la
classe des enfants pauvres, elle rencontre le Pape Pie
VII qui les bénit et les encourage. Le 20 août 1806,
c’est la bénédiction de l’oratoire sous le patronage de
Saint Joseph ; la petite société en reçoit son nom et le
12 décembre, c’est l’approbation légale de l’Association
religieuse de Saint Joseph.
Mais si Saint Joseph
est le patron de la Congrégation, Marie en est la
Mère et le modèle. La Mère de Jésus est « proclamée »
Mère Générale le 26 décembre 1849.
Le 12 mai 1807, fondation
de la Congrégation par la prise d’habit et la profession
à Chalon des quatre sœurs Javouhey et de cinq autres
jeunes filles.
Le 29 mai 1812,
acquisition de la Maison de Cluny (ancien couvent des
Récollets, des moines bénédictins) par Balthazar
Javouhey. La Congrégation prend le nom de Saint
Joseph de Cluny .
Les Sœurs se consacrent
comme prévu au soin des malades et à l’éducation. Devant
le succès d’une petite École ouverte à Paris, le
Ministre des Colonies demande des Sœurs pour fonder des
maisons dans les colonies et dès 1817, les Sœurs sont
envoyées à l’Île Bourbon (La Réunion). D’autres
fondations vont suivre à un rythme accéléré. Les
vocations affluent.
Malgré d’innombrables
difficultés, Mère Javouhey réussit à implanter sa
congrégation en de nombreux endroits. Elle-même n’hésite
pas à s’embarquer. De 1822 à 1824, elle séjournera en
Afrique : Sénégal, Gambie, Sierra-Leone. Convaincue que
les vrais apôtres de l’Afrique seront des Africains,
elle déploie des efforts considérables pour donner des
prêtres à ce continent. Les trois premiers prêtres
sénégalais ordonnés en 1840 furent formés par ses soins
dans le petit séminaire ouvert par elle en 1825 à
Bailleul (Oise) puis transféré à Limoux (Aude).
En 1825, Anne Marie
Javouhey se rend en Guyane ; là elle réalise une
fondation pour le service des aliénés et on lui confie
un établissement pour les lépreux.
En 1835, le Gouvernement
français lui demande de prendre en charge plusieurs
centaines d’esclaves noirs promis à la liberté.
En1836, des Sœurs sont
envoyées à la Trinidad.
1843 : départ des
premières Sœurs en Océanie (Marquises, Tahiti).
1845 : départ des Sœurs
vers Sainte Marie de Madagascar et Mayotte.
1849, acquisition de la
Maison-Mère au faubourg Saint-Jaques à Paris. Le
noviciat central y est transféré sous le vocable du
Saint Cœur de Marie.
1851, 15 juillet, mort de
Mère Anne-Marie Javouhey à Paris. Elle laisse 1200 sœurs
et 140 communautés dans les cinq parties du monde. La
mort de la Fondatrice laisse ses filles désemparées.
Mère Rosalie, la plus jeune des quatre sœurs Javouhey
est élue pour succéder à son aînée, elle va continuer
l’œuvre, si bien commencée.
En février 1853, Mère
Rosalie se rend à Rome et la Congrégation est approuvée
par le Pape Pie IX le 8 février 1854. Ce qui donne lieu
à de nouvelles fondations dans les cinq continents, dont
Haïti en 1864.
Depuis quelques années,
des laïcs ont manifesté spontanément le désir de vivre
selon l’esprit d’Anne-Marie Javouhey. De nombreux
groupes se sont formés dans presque toutes les
Provinces. Après avoir participé à des rencontres
régulières et mis leur idéal en pratique dans le
quotidien de leur vie, ils prennent un engagement
annuel. Le nombre des associés ne cesse de croître.
Anne-Marie Javouhey a été
béatifiée par le Pape Pie XII en octobre 1950.
Actuellement la
congrégation qui fête cette année le bicentenaire de sa
fondation : 12 mai 1807-12 mai 2007 compte plus de 2800
membres qui se dévouent dans les cinq parties du monde
en éducation, dans la santé, la pastorale et les œuvres
sociales.
Par l’adhésion à la
volonté de Dieu, nous nous conformons au Christ, dont la
nourriture était de faire la Volonté du Père.
N.B.-
Ce texte est reçu au Grand Séminaire
Notre Dame le 10 mai 2007 et sera publié dans la Revue
« L’ALTERNATIVE » du Grand Séminaire Notre Dame d’Haïti.
Courtoisie de Allynste FONTAINE |